Un modèle de rénovation énergétique
des grands ensembles en copropriété :
COMMENT ?

Comment arriver à rénover massivement des grands ensembles en régime de copropriété ?

Les milliers de copropriétés représentées par des grands ensembles ont un rôle décisif à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique du fait de leurs émissions de GES. Pourtant peu d’entre elles se sont lancées dans des rénovations énergétiques car les obstacles sont nombreux :

  • travaux longs et complexes qui ne sont plus de l’ordre d’une prise de décision collective ;
  • dispositifs financiers et d’aides mal adaptés aux grands projets.

Les prises de décisions collectives ne permettent pas de faire participer massivement les copropriétés à la transition énergétique. Il s’agit d’un obstacle qui n’a que très peu été abordé, et en tout cas jamais franchi. Une telle contrainte ne s’applique pas pour les bailleurs sociaux puisque leurs décisions de procéder à des rénovations procèdent de la gestion d’un patrimoine unitaire.

Comment franchir l’obstacle des décisions collectives en copropriété ?

L’objectif est d’arriver à substituer aux dispositions institutionnelles un mode opératoire qui s’inspire de la pratique de la promotion immobilière, en s’écartant de sa fonction commerciale pour ne retenir que sa fonction services, prolongée par les modalités de son financement. Un tel mode opératoire va à contre-courant de ce qui a été publié jusqu’à présent en matière d’opérations de rénovation énergétiques des copropriétés. Il s’agit ici de proposer un modèle juridique, technique et financier qui a recours à opérateur unique maître d’ouvrage professionnel. Ce maître d’ouvrage devra se faire conférer par le syndicat des copropriétaires un titre opposable juridiquement qui lui permettra de contracter avec les entreprises et les prestataires techniques et financiers de la rénovation.

Le maître d’ouvrage a le rôle d’un opérateur ensemblier qui prend sous sa responsabilité :

  • les options financières ;
  • la nature des travaux à entreprendre et leur réalisation ;
  • les équipements à remplacer ou à installer ;
  • le choix des entreprises et leur fonctionnement ;
  • la gestion financière après réalisation des travaux ou sa délégation.

Comment l’opérateur va exercer sa fonction économique ?

L’opérateur intervient dans le cadre du fonctionnement du tiers investissement contractuel du domaine de la rénovation énergétique. Ce fonctionnement diffère de celui du tiers financement institutionnel dont l’amélioration de la performance énergétique du bâtiment est organisée par un contrat de performance énergétique (CPE).

En la matière, le tiers investissement s’avère un fonctionnement économique particulier qui consiste à allouer des capitaux à un projet de rénovation énergétique effectué en contrepartie d’un transfert des créances obtenues sur les économies financières attachées aux performances énergétiques futures réalisées lors d’un projet. Plus simplement : Le gain futur (du propriétaire), transformé en tant que valeur économique immédiate transférée (à l’opérateur). C’est ce transfert d’économies d’énergie qui va permettre le retour sur investissement de l’opérateur.

Les contrats de performances énergétiques qui s’inscrivent dans le cadre de contrats de tiers investissement, sont généralement négociés sur la même durée que les CPE (25 à 30 ans). Cette durée permet ainsi de générer suffisamment d’économies d’énergie admissibles pour assurer un retour sur investissement.
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Comment le fonctionnement du tiers investissement est complété ?

Le fonctionnement du tiers investissement doit tenir compte d’un engagement contractuel de la performance énergétique en incluant un attribut de risque complété par des garanties.

Comment l’opérateur va renforcer sa crédibilité par l’apport de garanties spécifiques ?

L’opérateur a tout intérêt à pouvoir apporter au syndicat des copropriétaires du bâtiment un complément de garanties spécifiques à sa couverture de responsabilité professionnelle telles que garantie financière d’achèvement  et garantie de performance énergétique.

Comment les assureurs peuvent intervenir dans le processus de garantie énergétique ?

L’opérateur peut envisager une garantie de performance énergétique subordonnée à la souscription d’un contrat d’assurance.

Ce type de garantie se distingue de celles qui sont préconisées pour accompagner le contrat de performance énergétique :
Les contrats de performance énergétique, n.137 et s. p.23/24.

Comment le propriétaire d’un logement va bénéficier de la réalisation entreprise ?

Pour sa part le copropriétaire va bénéficier d’un attribut patrimonial important. Cet attribut patrimonial se traduit par la capacité à retrouver un bien à nouveau disponible valorisé  et qui tient compte d’un effet de levier attribué à sa valeur verte.

Toutefois cet attribut patrimonial devra être affecté d’une restriction contractuelle.

 

Comment une méthode de financement accompagne le transfert des économies d’énergie ?

Le premier objectif est d’arriver à la suppression de tout reste à charge supporté par le propriétaire ou le locataire au moyen d’une relation contractuelle. Cette suppression devra être totale à l’exception du cas de la vente du bien ayant bénéficié des travaux  de énovation énergétique. Dans une situation de vente du bien, le propriétaire bénéficiaire sera alors alors tenu de supporter sa quote part dans  le remboursement du  coût engendré par les travaux,  et les prestations qui les auront  accompagné. Cette quote part de remboursement devra être fixée à l’avance.

Dans la rénovation énergétique par  un opérateur en tiers investissement,  l’objectif de suppression du reste à charge sera obtenu au moyen du transfert des économies d’énergie à l’opérateur. En effet, ce sont les économies d’énergie transférées qui vont constituer la principale source permettant de couvrir les engagements qui auront été pris par l’opérateur tiers investisseur. Ce transfert  sera alors concrétisé au moyen de l’établissement forfait énergie.

Il s’agit ici de procéder en s’inspirant du fonctionnement du contrat de performance énergétique (CPE).
L’application de cette méthode permettra ainsi à l’opérateur de financer le projet global de travaux rénovation, en ce compris ses honoraires de prestation et les intérêts d’emprunt, compensés intégralement par la redevance forfaitaire, sans mise de fonds pour les occupants de logements, ni au préalable, ni en cours d’opération, hormis le cas de la vente du bien.

C’est ainsi que cette articulation financière permettra :

  • de mobiliser la ressource des économies d’énergies futures ;
  • de décharger le propriétaire de tout besoin d’apport financier en le reportant sur un tiers.

Sur les marchés présentant un fort taux de mutations, tels que le logement en zones tendues, cette solution d’investissement s’avèrerait efficace pour ne plus avoir à faire face à l’aversion des ètablissements financiers pour les financements de long terme.

Comment l’opérateur va optimiser ses paiements aux fournisseurs d’énergie ?

La solution d’adhésion au forfait énergie proposé par l’opérateur nécessite la gestion financière des flux issus des factures d’électricité recensées auprès des occupants (propriétaire ou locataire). Cette adhésion est nécessaire pour que l’opérateur puisse envisager l’optimisation de son obligation de paiement aux fournisseurs d’énergie désormais à sa charge.

Cette optimisation se concrétise dès lors que l’opérateur procède au regroupement des factures à payer et les négocie auprès d’un seul fournisseur.

Cette négociation s’effectue de la même manière que lorsqu’il est procédé à un achat groupé de fournitures d’électricité.

Comment la restriction de l’Ademe sur le fonctionnement en tiers financement est surmontée ?

Une restriction soulevée par l’Ademe a été rapportée dans un rapport de synthèse sur l’état des lieux et les actions menées en faveur de la rénovation énergétique des copropriétés.

Cette restriction est désormais surmontée du fait de la présence interposée d’un maître d’ouvrage professionnel unique opérateur.

Comment financer la rénovation des grands ensembles par l’obtention d’emprunts européens ?

Le fonctionnement d’une opération en tiers investissement permettant d’assurer le financement des travaux de rénovation globale d’un grand ensemble implique l’obtention des aides publiques qui sont insuffisantes et qui devront être complétées par un emprunt européen sur une longue durée.

Cet emprunt devra être sollicité auprès de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) pour une durée de 25 ans. Le financement par l’emprunt européen est effectivement adapté à la rénovation de projets massifs, les dossiers auprès de la BEI doivent s’établir pour un minimum de 50 millions d’euros.

Comment structurer plusieurs projets à la bonne échelle territoriale ?

L’objectif européen de la politique d’investissement est de structurer les différents projets de rénovation en de plus grands ensembles, afin qu’ils puissent bénéficier de meilleures conditions de financement et d’économies d’échelle. La Commission européenne s’efforcera également de lever les obstacles réglementaires nationaux qui entravent les investissements en faveur de l’efficacité énergétique dans les bâtiments proposés à la location et les bâtiments en copropriété.

Comment envisager un accompagnement pour une demande de financement européen ?

Lorsque la taille critique d’un projet de rénovation concertée est obtenue, il sera alors nécessaire que l’emprunteur envisage un accompagnement pour la constitution d’une demande de financement européen auprès de la BEI au moyen d’une assistance dédiée avec l’aide de partenaires institutionnels en France (Caisse des Dépôts et sa filiale Bpifrance, qui identifient les demandes d’accompagnement).

Caroline François-Marsal, CDC,  Vague de rénovation en Europe : quels financements ?
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L’assistance technique : un coup de main de l’Europe pour vos projets ! :
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D’autres solutions d’accompagnement du processus de constitution de dossier  auprès des institutions européennes peuvent être envisagées avec des cabinets de conseil privés spécialisés suivant diverses prestations. Il s’agit d’identifier le programme pertinent à la négociation d’un accord de financement et de contracter une mission d’accompagnement :
Euronovia, Montage de projets et financement de l’innovation :
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Aleo Finances :
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D’autres organismes experts et évaluateurs pour la Commission européenne sont spécialisés dans le conseil en montage de projets européens sans activité pour d’autres dispositifs, leur métier c’est le conseil en montage de projets européens et rien d’autre :
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Comment s’appuyer sur des procédures administratives existantes pour rénover massivement ?

Une fois que sera défini le périmètre d’une zone de rénovation concertée au sein d’un territoire, l’opérateur aura besoin de s’appuyer sur le support légal de l’urbanisme opérationnel afin de permettre son fonctionnement.
La procédure de ZAC est à même d’englober l’assimilation d’une telle zone de rénovation en vue de l’assimiler à une opération d’aménagement destinée à la sauvegarde ou la mise en valeur du patrimoine bâti sur un territoire, même pour des opérations réparties sur plusieurs portions de territoire avec les ZAC multi-sites.

A partir de cet objectif une collectivité peut prendre l’initiative et lancer une procédure opérationnelle ou de constituer un Etablissements public de coopération intercommunale (EPCI) compétent suivant ses statuts.

Comment le modèle peut-être étendu aux grands ensembles du patrimoine des bailleurs sociaux ?

Le patrimoine bâti d’un projet de zone de rénovation concertée ne sera pas forcément composé uniquement de bâtiments grands ensembles en copropriété.

Profitant de la présence d’une telle opération, la collectivité peut, dans le cadre de programmes de rénovation mixtes, inviter à s’y intégrer des bâtiments du patrimoine des bailleurs sociaux implantés dans le secteur concerné et les faire bénéficier des propositions de l’opérateur ensemblier qui y joue un rôle. Pour leur part, certains organismes possèdent d’ailleurs un véritable savoir-faire dans le domaine de la rénovation massive des grands ensembles.

Comment les syndics de copropriété sont en mesure d’accompagner les opérations de rénovation ?

Les syndics de copropriété constituent un rouage incontournable en vue de la prise de décision par un syndicat de copropriétaires.

Il s’agit d’un rôle essentiel, même en l’absence de participation financière par le syndicat. S’il est impliqué dès le début, le syndic sera à même d’envisager une véritable collaboration d’intérêt commun avec un opérateur.

Cette collaboration étroite sera à organiser entre l’opérateur ensemblier et le syndic et impliquera en conséquence un fonctionnement en binôme opérationnel.